Pas de plan B pour l’humanité !
Je ne suis pas en train de jouer les Cassandre ou les oiseaux de mauvais augure ; je me contente de constater des faits objectifs et concrets. Des faits que vous devez intégrer à votre mode de fonctionnement, en tant qu’investisseur, si vous ne voulez pas être emporté par la vague qui menace de nous engloutir. Et je voudrais vous y aider.
Voyez-vous, l’équilibre mondial est en train de changer. D’un côté, le monde développé n’est pas prêt à renoncer à son mode de vie. De l’autre côté, le monde émergent veut rattraper son retard… mais aussi égaler voire surpasser le mode de vie occidental.
Le problème, c’est que les ressources terrestres sont limitées. Il n’y aura pas assez pour tout le monde. Dans un tel scénario, les conflits religieux et politiques ne vont pas disparaître, mais vont plutôt être canalisés en affrontements dont l’enjeu sera les meilleures sources d’eau, d’énergies, la nourriture, les terres habitables.
Nous vivons en ce moment une redistribution complète des cartes planétaires : la géopolitique du pétrole et du gaz qui a dominé les 60 dernières années est en train d’être peu à peu remplacée par une géopolitique de la survie : les luttes pour le pétrole et le gaz seront intégrées à une sorte de « super-conflit » comprenant aussi des ressources vitales comme la nourriture (cultures et élevage) et l’eau.
Comme d’habitude, les pays les plus démunis seront en première ligne. Mais les pays plus avancés et plus riches ne seront pas épargnés. Les guerres pour l’accès aux ressources vitales vont devenir un phénomène global.
La base du problème est ultra-simple : le premier milliard d’êtres humains sur la planète a été atteint vers 1800 — il a fallu des centaines de milliers d’années pour y parvenir. Mais pour doubler ce chiffre, il n’a fallu que 130 ans — en 1930, la Terre comptait deux milliards d’habitants.
Depuis, le processus s’accélère de manière fulgurante : 30 ans pour passer à 3 milliards… 14 ans pour arriver à 4 milliards… 13 ans pour passer à 5 milliards… et 12 ans pour arriver aux 6,7 milliards d’êtres humains que nous sommes aujourd’hui.
A ce rythme, en 2023, nous serons 8 milliards d’êtres humains sur notre bonne vieille planète. Or huit milliards, selon certaines estimations, c’est la population maximum que la Terre puisse supporter. D’autres chiffres, plus optimistes, estiment qu’une stabilisation démographique se fera vers 10 à 11 milliards.
Mais qu’on parle de huit milliards ou 11 milliards… ça ne change rien à la réalité actuelle des faits : les capacités de production de notre Terre sont non-renouvelables et limitées — je dirais même qu’elles sont en voie d’épuisement… et puisqu’on ne peut pas encore s’installer sur Mars ou sur la Lune… il n’y a pas de plan B pour l’humanité.
Je le répète : je ne suis pas un oiseau de mauvais augure, et je ne me délecte pas de la misère du monde. Même si j’estime que les conflits sont inévitables, je suis sûr que l’humanité porte en elle les solutions de sa subsistance. Des solutions existent déjà, ou seront découvertes au fil des ans.
Le problème, c’est… combien de temps prendront-elles à mettre en place ? Et quels dégâts nous faudra-t-il subir en attendant ?
Comme le dit Bruno Parmentier, professeur à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers et auteur du livre Nourrir l’humanité :
« Ne croyons surtout pas qu’il suffise de faire le dos rond quelque temps : le problème est structurel. En 2050, il y aura 10 milliards d’êtres humains sur la planète. Or nous aurons, pour les nourrir, moins de terres, moins d’eau, moins d’énergie et moins de chimie. En 1960, nous étions seulement deux habitants pour nous partager un hectare de culture. En 2050, nous serons six. »
D’autres chiffres font froid dans le dos :
• Depuis quelque temps, l’organisation Global Footprint Network calcule tous les ans le Earth Overshoot Day — c’est-à-dire le jour qui marque, chaque année, le moment où l’humanité commence à vivre au-dessus de ses moyens écologiques. En 2008, il s’est produit le 23 septembre : cela signifie que sur l’ensemble de 2008, l’humanité a utilisé environ 40% de plus que ce que la nature peut régénérer sur la même année. Et ce déficit de ressources va en s’approfondissant.
• Si l’Occident consomme la majorité de la production mondiale, les pays émergents s’y mettent aussi : la Chine aspire déjà à elle seule 5% du total des échanges mondiaux dans le secteur des céréales. Elle est le premier importateur mondial de soja… le deuxième de riz… le quatrième de lait en poudre… le cinquième de volaille… et ça continue.
• Sans compter que — paradoxe de la course aux énergies de substitution — les biocarburants viennent désormais perturber les marchés de l’alimentation ! Ils consomment des quantités astronomiques de céréales — ce qui a déjà provoqué des troubles sociaux dans des pays comme le Mexique. 65 millions de tonnes de maïs ont ainsi été détournés de leur utilisation alimentaire pour terminer dans des réservoirs de voitures aux États-Unis — un chiffre qui devrait doubler dans les trois prochaines années.
Un chiffre résume bien la situation : en l’état actuel des choses, pour nourrir tout le monde, il faudrait que la production agricole double tous les 10 ans !
Partout dans le monde, les fermiers, les paysans et les agriculteurs se sont donc lancé donc une véritable course au rendement pour parvenir à nourrir l’humanité. Et sur cet immense secteur aux débouchés spectaculaires, des profits considérables seront au rendez-vous… notamment dans un segment bien particulier du marché.
Amicalement,


























